
Crédit photo: Ousmane Makaveli
Ici, nous vous proposons un resumé de livres, articles, documents lus pour vous
INDUSTRIES ET PRINCIPALES ET PROFESSIONS DES HABITANTS DE LA REGION DE TOMBOUCTOU est un document de Auguste Dupuis-Yakouba (1865-1945) qui fut à l’époque de la colonisation française un missionnaire catholique et un Agent principal des affaires indigènes en Afrique occidentale française. Il vécut à Tombouctou de 1895 à 1904. Il renonça à sa mission ecclésiastique et se maria à une femme de la ville. Il a vécu au sein de la population locale, appris la langue Sonrhaï et étudié leur vie socioéconomique.
Ecrit en Juin 1919 et publié en 1921 dans les publications du Comité d’Eudes historiques et scientifiques des colons français, ce document nous livre une description détaillée des occupations ou métiers des habitants de Tombouctou et de sa région. Avec des schémas et des croquis à l’appui, Il décrit l’organisation générale de ces professions, les outils et instruments utilisés, les unités de mesure, les différents produits ainsi que leur commerce. Par ricochet, l’auteur nous livre également des informations précieuses sur la vie quotidienne des tombouctiens, le fonctionnement des transactions commerciales, les familles titulaires de l’imamat des grandes mosquées, les types de coiffures des notabilités et des hommes de castes, les types de broderie, etc.
Ce document qui nous plonge dans le Tombouctou du siècle dernier est composé de neuf chapitres. Le premier chapitre traite des industries manufacturières, notamment dans le domaine de l’alimentation, les maçons, les tailleurs-brodeurs, le travail du coton et de la laine, les ouvriers travaillant l’or, l’argent, le cuivre et le bois, le travail du cuir, la poterie, etc. Le deuxième chapitre parle de la fonction de locataire de maison ou de champs. Le troisième chapitre traite des industries extractives, notamment la pêche, la chasse, l’extraction du sel de Taoudéni, la gomme arabique et l’exploitation des forêts. Le quatrième chapitre décrit les professions de coiffeurs, barbiers, âniers, chamelier, piroguiers, marchands d’or, peseurs d’or, etc. Le cinquième chapitre parle des fonctions récréatives (griots et conteurs publics) ; le sixième est consacré aux fonctions commerciales, le septième à l’agriculture tandis que le huitième décrit l’exercice des fonctions d’imam, muezzin, copiste-écrivain public ; le neuvième et dernier chapitre traite des professions sanitaires, notamment les médecins et les vétérinaires.
Entre la parution de ce livre et aujourd’hui la plupart des occupations décrites ont soit disparu soit connu de grandes mutations. Les métiers comme peseurs d’or, mesureurs de grains, marqueurs de barres de sel n’existent même plus. Plus d’un siècle plus tard la société a connu des évolutions majeures, les outils se sont modernisés, sont plus accessibles et beaucoup de mutations socio-économiques ont eu lieu changeant les modes de vie et de production des populations de la région.
Le Mali est indépendant depuis 1960, la multiplication des écoles, la disponibilité d’outils et technologies modernes de travail ou de production, l’ouverture de la ville de Tombouctou sur le reste du monde et pleines d’autres opportunités d’embauche ou d’entreprenariat individuel font qu’aujourd’hui beaucoup de ces occupations ne sont plus d’actualité et sont remplacées par d’autres. Si hier les jeunes n’apprenaient et ne pratiquaient que les métiers de leurs ascendants, aujourd’hui ils ont le choix entre plusieurs métiers tant traditionnels que modernes. D’ailleurs les métiers traditionnels (cordonniers, brodeurs, bijoutiers, potiers…) attirent très peu les jeunes qui sont de plus en plus orientés vers d’autres pratiques professionnelles plus lucratives et plus séduisantes à leurs yeux. Les objets ou pratiques que l’on nomme patrimoine culturel aujourd’hui étaient hier vivaces et d’une grande utilité à la vie socio-économique ; ce que nos sociétés produisent actuellement marqueront de la même façon le patrimoine de demain.
Extraits du livre Extrait choisi No1 Les vendeuses de Furme annoncent leur marchandise en criant : Furme !ha ! nda salaman ! Gomni go banda ! ya ! « Des furme ! hé ! avec la paix ! le bien-être vient ensuite ! » Page 6
Extrait choisi No2 Page 6 Nemti yuru ! des nemti luisnts ! Har ber dobu, idye kayna holondi Du son de mil pour les hommes mûrs, de la folie pour les enfants/
Extrait choisi No 3 Page 155
Les hommes se font raser la tête complètement ; les enfants et les jeunes gens ont des coupes de cheveux particulières, suivant leur race et leur caste. Le dyerrow, le tamale-dyokoti, et dasi sont réservés aux enfants des marabouts. Les dyokoti sont portés par les jeunes arma (descendants des Marocains). Les kofe-banda-dyokoti et bomo-dyere sont la spécialité des ga-bibi (race vaincue jadis par les arma, ou encore esclaves affranchis). Enfin, les esclaves ont une marque distinctive qui consiste en une touffe de cheveux dite manga, portée sur le côté droit de la tête, au-dessus de l'oreille. Cette distinction est souvent combinée avec le genre de coiffure du maître. On a alors le dyerrow-manga, le dasi-manga, etc. Legende : broderies diverses que l’on retrouve sur les vetements traditionnels à Tombouctou Légende : quelaues ouvrages exécutés par les Dyam Légende : Outils de cordonniers


