Le patrimoine culturel se conserve de différentes façons en fonction de la nature du bien. Conserver un bien, c’est le mettre à l’abri de la destruction volontaire ou involontaire, le restaurer lorsqu’il subit des dommages, lui réunir les conditions qui lui permettent de garder son intégrité et son authenticité et allonger ainsi sa durée de vie afin que les futures générations puissent en profiter. La conservation d’un patrimoine peut donc être préventive ou curative. Elle est préventive lorsqu’il s’agit de mesures de contrôle de  l’environnement direct du bien (mode de construction du bâtiment, risques sismiques, température ambiante, dispositifs de sécurité, sensibilisation des agents, luminosité, etc.). Elle est curative lorsqu’il s’agit d’intervention sur le patrimoine lui-même (restauration) par exemple pour restaurer un tableau dégradé, colmater les fissures d’un bâtiment, renforcer le papier d’un manuscrit, reliure de parchemins, etc. chaque bien ou catégorie de bien nécessite un diagnostic préalable, une technique particulière de restauration avec des matériels et matériaux adaptés qui ne mettent en danger la vie du bien ou qui ne dénaturent pas son caractère patrimonial. 

En ce qui concerne les documents, plusieurs techniques sont utilisées par les conservateurs pour dépoussiérer, enlever les traces d’eau et renforcer les supports. Avec l’avancée de la science il est possible d’assurer la conservation numérique des œuvres : les œuvres sont scannées ou photographiées selon des procédés et des normes bien déterminés puis stockés sur divers supports (cd, disque dur, serveurs) avec la possibilité de partage et de consultation sur le réseau internet. Même les collections des musées peuvent être numérisés et les images peuvent être visionnées et des visites virtuelles.  

 En ce qui concerne le patrimoine immatériel, les pratiques culturelles ne peuvent être conservées qu’à travers la pratique. On peut faire des enregistrements sonores, des vidéos de danse, des photos de costumes traditionnels ou des publications de vieilles recettes de cuisines. On conserve mieux le patrimoine immatériel en perpétuant sa pratique, en le transmettant aux jeunes.  Les festivals culturels sont des occasions de faire vivre le patrimoine intangible d’un territoire à travers les danses, les dégustations de mets, les expositions de métiers traditionnels. 

La conservation du patrimoine culturelimpose aussi des choix car les financements et les moyens techniques sont tres limités dans ce domaine. Des tris sont nécessaires pour déterminer ce qui mérite plus d’attention et présentent le plus d’intérêt aux yeux des communautés et des scientifiques.  On ne peut pas tout conserver mais on peut conserver l’essentiel, ce qui parait indispensable aux yeux des communautés et réalisables par les conservateurs professionnels. Il faut conserver pour faire profiter le maximum de générations.